
Électroménager reconditionné : le bilan réel de durabilité interpelle
septembre 22, 2026 à 16h22
Ces phrases anodines que les caissières ne supportent plus d’entendre en caisse
septembre 22, 2026 à 19h59Deux réacteurs à l’arrêt depuis 2020, et pourtant aucune découpe n’a encore commencé. À Fessenheim, la centrale nucléaire la plus ancienne de France attend toujours que les premières opérations de démantèlement débutent réellement. Le chantier promis dure officiellement 28 ans, pour un volume total estimé à 405 000 tonnes de déchets à traiter.
Derrière ces chiffres se cache une réalité plus compliquée que prévu. La centrale nucléaire de Fessenheim, installée dans le Haut-Rhin en Alsace, devait entamer sa déconstruction rapidement après l’arrêt définitif de ses deux réacteurs. Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé.
Contexte : la fermeture de Fessenheim en 2020
L’arrêt du premier réacteur a eu lieu en février 2020, celui du second en juin de la même année. Cette fermeture, décidée pour des raisons politiques autant que techniques, a mis fin à plus de quarante ans d’exploitation d’une centrale que beaucoup jugeaient vieillissante. EDF s’est alors retrouvé face à un chantier d’ampleur inédite en France : démanteler deux réacteurs à eau pressurisée en zone frontalière, à proximité de la Suisse et de l’Allemagne.
Le décret de démantèlement, indispensable pour lancer les opérations, a mis du temps à être publié. Cette étape administrative conditionne tout le reste : sans lui, aucune découpe des réacteurs ne peut débuter légalement. C’est l’une des raisons pour lesquelles le site alsacien donne aujourd’hui l’impression d’un chantier à l’arrêt, alors que la fermeture remonte à plusieurs années.
28 ans de démantèlement : calendrier et grandes phases
Le calendrier annoncé par EDF prévoit un démantèlement complet à l’horizon 2048, soit environ 28 ans après l’arrêt définitif des réacteurs. Ce délai s’explique par la succession de plusieurs phases de démantèlement, chacune conditionnée par des autorisations administratives distinctes délivrées par l’Autorité de sûreté nucléaire.
La première étape consiste à évacuer le combustible usé, stocké provisoirement dans la piscine de désactivation du site. Cette opération, loin d’être anodine, nécessite de refroidir suffisamment les assemblages avant de les transporter vers d’autres installations, notamment celles de La Hague. Vient ensuite le démontage des équipements non contaminés, puis la découpe des réacteurs eux-mêmes, l’étape la plus sensible du chantier nucléaire.
La dernière phase concerne l’assainissement complet du site, avec pour objectif un retour à un état proche de son état initial, permettant éventuellement une réutilisation industrielle du terrain. Entre chaque étape, l’ASN doit valider les conditions de sûreté nucléaire avant d’autoriser la suite des opérations, ce qui explique en grande partie l’étalement du calendrier sur près de trois décennies.
405 000 tonnes de déchets : nature et gestion

Le volume total de déchets générés par le démantèlement de Fessenheim est estimé à 405 000 tonnes. Une grande partie de cette masse correspond à des matériaux faiblement ou très faiblement radioactifs : béton, ferraille, gravats issus de la déconstruction des bâtiments. Une fraction plus réduite, mais plus délicate à gérer, concerne les déchets radioactifs de moyenne activité, provenant directement de la cuve des réacteurs et des structures internes irradiées.
Ces déchets suivent des filières distinctes selon leur niveau de radioactivité. Les matériaux les moins contaminés peuvent être recyclés ou envoyés vers des centres de stockage classiques après contrôle. Les déchets les plus sensibles, eux, sont conditionnés puis dirigés vers des installations spécialisées, capables de les isoler durablement, comme le montre le projet américain d’enfouissement des centrales nucléaires à 1 600 mètres sous terre.
| Type de déchets | Part estimée | Destination |
|---|---|---|
| Béton, gravats faiblement radioactifs | Majorité du volume | Recyclage ou stockage classique |
| Métaux issus des structures | Part significative | Fusion, recyclage contrôlé |
| Déchets de moyenne activité | Fraction réduite | Centres spécialisés |
Où en est le chantier aujourd’hui ? État d’avancement et retards
Six ans après l’arrêt définitif, la situation sur le terrain reste en décalage avec le calendrier initial. Le combustible usé a bien été évacué de la piscine de désactivation, une étape majeure déjà accomplie. En revanche, la découpe des réacteurs n’a toujours pas commencé, faute d’autorisations administratives finalisées dans les temps.
Ce retard alimente les critiques. Certains y voient la conséquence d’une procédure trop lourde, d’autres rappellent que la sûreté nucléaire impose des vérifications incompressibles à chaque étape. EDF, de son côté, assure que le chantier suit une trajectoire cohérente avec la complexité technique du site, même si le rythme perçu par les riverains reste très lent.
Arrêt définitif en 2020, mais aucune découpe de réacteur engagée à ce jour : ce décalage illustre à lui seul la lourdeur administrative du démantèlement nucléaire français, bien plus que la seule complexité technique du chantier.
Les obstacles au démantèlement : autorisations, combustible, coûts

Trois freins principaux expliquent la lenteur du chantier. Le premier tient aux autorisations administratives elles-mêmes : chaque phase de démantèlement doit obtenir l’aval de l’ASN, ce qui suppose des dossiers techniques détaillés et des délais d’instruction longs. Le deuxième concerne l’évacuation du combustible, une opération réussie à Fessenheim mais qui reste un point de blocage fréquent sur d’autres sites en France et en Europe.
Le troisième obstacle, plus discret mais tout aussi déterminant, touche au coût du démantèlement. Les estimations initiales d’EDF ont été revues à la hausse à plusieurs reprises, un phénomène observé sur presque tous les chantiers similaires dans le monde. Plus le calendrier s’allonge, plus la facture progresse, entre coûts de gardiennage, de sécurisation du site et de traitement des déchets radioactifs.
D’autres démantèlements français, comme celui de Brennilis en Bretagne, montrent que les délais annoncés au départ sont rarement tenus, un constat que confirme aussi le surgénérateur nucléaire resté à l’arrêt malgré 12 milliards investis. Fessenheim ne fait pas exception à cette règle, même si le site alsacien bénéficie d’un retour d’expérience plus important que ses prédécesseurs. L’horizon 2048 reste pour l’instant l’objectif affiché, mais personne ne garantit qu’il sera respecté à la lettre.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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