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septembre 16, 2026 à 5h54Une équipe de cinq personnes, basée à Lyon, a décroché un contrat avec l’armée française pour fournir des batteries capables de réduire de moitié le poids embarqué sur un drone militaire, sans sacrifier l’autonomie. Face aux géants asiatiques du secteur, cette petite entreprise s’impose là où personne ne l’attendait vraiment.
Le nom de cette pépite : Novacium. Sa technologie repose sur une anode silicium, une rupture par rapport aux batteries lithium-ion classiques qui équipent encore la majorité des drones et radios tactiques utilisés sur le terrain. Le résultat concret : à capacité égale, le poids de la batterie chute d’environ moitié, ce qui libère de la charge utile pour d’autres équipements ou prolonge directement le temps de vol.
Novacium, la pépite lyonnaise qui fournit l’armée française
Novacium n’est pas née d’un grand groupe de la défense. C’est une startup lyonnaise, issue de l’écosystème français de la chimie des batteries, qui a choisi de s’attaquer à un problème très concret : le poids. Dans le monde des drones militaires, chaque gramme économisé se traduit en minutes de vol supplémentaires ou en capteurs additionnels embarqués. Pour une structure de cette taille, convaincre la DGA face à des industriels bien plus établis relève d’un pari comparable à celui que connaissent nombre de porteurs de projet obligés de créer leur entreprise sans budget au départ.
Le contrat obtenu par Novacium auprès de la DGA, en partenariat avec HPQ Silicon et LN Innov, porte sur la livraison de blocs-batteries de troisième génération destinés à un régiment de l’armée de terre. Cette commande valide, sur le terrain, une technologie qui restait jusque-là cantonnée aux laboratoires et aux premiers essais industriels.
La technologie au silicium : comment diviser le poids des batteries par deux
Le principe n’est pas nouveau sur le papier, mais sa mise en œuvre industrielle l’est. Une batterie lithium-ion classique utilise une anode en graphite, un matériau dont l’approvisionnement dépend aussi de ressources comme le gisement de lithium potentiel sous le sol français. Novacium remplace ce graphite par du silicium, un matériau capable de stocker beaucoup plus d’ions lithium par unité de volume.
Le silicium, une voie d’avenir pour les batteries lithium-ion
Concrètement, la densité énergétique d’une batterie au silicium peut dépasser largement celle d’une cellule au graphite. Pour une même quantité d’énergie stockée, la batterie est plus légère et plus compacte. C’est cette propriété qui permet, dans les applications militaires, de diviser le poids par deux à autonomie équivalente, ou d’augmenter fortement l’autonomie à poids constant.
De l’anode au drone : de la R&D au terrain
Passer d’un prototype de laboratoire à un produit fiable en conditions opérationnelles demande des années de travail sur la stabilité du matériau, car le silicium a tendance à se dilater lors des cycles de charge, ce qui peut endommager la cellule. Novacium a travaillé cette montée en échelle du procédé avec ses partenaires industriels pour livrer des blocs-batteries robustes, capables de résister aux contraintes du terrain militaire : chocs, températures extrêmes et cycles de charge répétés.
Sur un drone du combattant, une batterie deux fois plus légère signifie soit un temps de vol quasiment doublé, soit la possibilité d’embarquer une caméra ou un capteur supplémentaire sans alourdir l’appareil. Pour un fantassin qui porte son matériel sur le dos, chaque centaine de grammes économisée compte aussi.
Les applications militaires : drones et radios tactiques

Les drones ne sont pas les seuls équipements concernés. Les radios tactiques, qui doivent tenir plusieurs jours en mission sans recharge, bénéficient elles aussi de cette réduction du poids. Un régiment équipé de ces nouvelles batteries voit son paquetage global allégé, ce qui a un impact direct sur l’endurance des soldats en opération.
Ce type d’innovation défense s’inscrit dans une logique plus large : moderniser l’équipement individuel sans multiplier le poids porté. La DGA, qui a multiplié ces dernières années les commandes de drones, cherche justement des fournisseurs capables de livrer des technologies matures et fabriquées sur le sol français.
| Technologie | Anode | Poids relatif |
|---|---|---|
| Batterie lithium-ion classique | Graphite | Référence |
| Batterie Novacium | Silicium | Environ deux fois plus légère |
La course mondiale aux batteries nouvelle génération
Sur ce marché, les géants asiatiques, chinois et coréens en tête, investissent massivement depuis des années dans les batteries nouvelle génération. La Chine domine notamment la production de graphite et de silicium raffiné, ce qui rend la position d’une équipe de cinq personnes à Lyon d’autant plus remarquable. Cette course à la batterie légère ne se joue pas seulement dans la défense : elle touche aussi les transports, comme le montre l’exemple des trains suisses à batterie destinés à une grande ville américaine, ou la gestion quotidienne des véhicules d’entreprise confrontés à l’angle mort des données dans la transition électrique des flottes.
Novacium ne s’arrête pas au silicium. La startup explore aussi des pistes autour de l’hydrogène en R&D, avec l’idée de proposer, à terme, des solutions de stockage d’énergie complémentaires pour les équipements les plus exigeants. Mais c’est bien la batterie au silicium, validée par ce contrat avec l’armée française, qui marque aujourd’hui l’étape la plus concrète de son parcours industriel.
Ce contrat pourrait ouvrir la voie à d’autres commandes, à mesure que la production se massifie et que les coûts baissent. Pour une petite structure lyonnaise, décrocher la confiance de l’armée face à des concurrents bien plus grands reste, en soi, une démonstration de force.

Passionné d’entreprise et de finance, Salvador décrypte la stratégie, le management et les évolutions du monde professionnel pour aider chacun à mieux comprendre comment fonctionnent les organisations.
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