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septembre 27, 2026 à 0h22Un train file à 318 km/h sur une ligne de campagne, en 1972. Personne, depuis, n’a fait mieux avec ce type de machine. Le TGV 001 tient toujours ce record, plus de cinquante ans après, alors même que son histoire s’est arrêtée net quelques années à peine après ses exploits.
Ce paradoxe résume tout l’intérêt de ce prototype : un succès technique éclatant, suivi d’un abandon presque immédiat. Comprendre pourquoi demande de revenir sur ce qu’était réellement ce turbotrain, sur la nature exacte du record qu’il détient encore, et sur les raisons qui ont poussé la SNCF à changer complètement de cap.
Le record de 318 km/h qui tient encore aujourd’hui
Il faut d’abord préciser de quel record il s’agit, car la confusion est fréquente. Le TGV 001 n’a jamais détenu le record absolu de vitesse sur rail, celui-là appartient aux TGV électriques qui l’ont largement dépassé par la suite. Ce que le TGV 001 conserve, c’est le record de vitesse pour un train propulsé par turbine à gaz, atteint le 8 décembre 1972 sur une ligne d’essai entre Tours et Bordeaux.
Ce chiffre de 318 km/h reste une référence dans l’histoire de la grande vitesse ferroviaire française, parce qu’il a été obtenu avec une technologie qui n’a jamais été reproduite à cette échelle depuis. Aucun autre turbotrain n’a tenté d’aller plus vite, tout simplement parce que la filière a été abandonnée juste après ces essais. Le record n’a donc pas été battu faute de concurrents, ce qui explique sa longévité inhabituelle.
Le TGV 001, premier prototype de grande vitesse française
Le TGV 001 naît au tournant des années 1970, dans un contexte où la SNCF et l’industriel Alsthom cherchent une solution pour relancer un réseau ferré jugé trop lent face à la concurrence de la route et de l’aviation. Le choix se porte alors sur la turbine à gaz, une technologie issue de l’aéronautique, plutôt que sur l’électrique, jugé plus coûteux à déployer sur de nouvelles lignes.
Deux motrices sont construites pour encadrer les rames d’essai, baptisées TDu 001 et TDu 002. Elles inaugurent une silhouette totalement nouvelle pour un train français, pensée dès le départ pour la vitesse et non plus adaptée après coup. C’est ce prototype qui pose les bases visuelles et techniques de ce qui deviendra, quelques années plus tard, le TGV commercial que l’on connaît.
Les innovations techniques du turbotrain

Le TGV 001 introduit des solutions qui paraissent presque banales aujourd’hui mais qui étaient inédites à l’époque. Le nez profilé du train, pensé pour l’aérodynamique, réduit la résistance de l’air à haute vitesse. La caisse est allégée, les liaisons entre les voitures sont repensées, et l’ensemble du convoi est conçu comme un bloc cohérent plutôt qu’une somme de wagons.
La motorisation par turbine à gaz permet des accélérations franches et une puissance élevée pour un poids contenu, un atout décisif pour viser des vitesses inédites sur les lignes existantes. Les essais menés sur la ligne d’essai dédiée permettent d’affiner ces choix techniques mois après mois, jusqu’à l’exploit de décembre 1972.
Turbotrain, de quoi parle-t-on exactement ?
Un turbotrain remplace le moteur diesel classique par une turbine à gaz, comme celles utilisées dans l’aviation. Cette technologie offre une grande puissance pour un poids réduit, mais elle consomme beaucoup plus de carburant qu’un moteur diesel ou qu’une motorisation électrique à performances équivalentes.
Une fin de carrière brutale en 1978
Le succès des essais aurait pu ouvrir la voie à une flotte de turbotrains commerciaux. C’est d’ailleurs le scénario envisagé un temps par la SNCF. Mais le choc pétrolier de 1973 change radicalement la donne : le prix du carburant s’envole, rendant la turbine à gaz économiquement intenable pour une exploitation de masse.
Parallèlement, le programme d’électrification du réseau français avance, et la construction de la future LGV Paris-Lyon se prépare déjà sur la base de la traction électrique. La SNCF tranche alors en faveur de l’électrique, jugé plus stable financièrement sur le long terme malgré des investissements initiaux plus lourds (un arbitrage industriel qui rappelle celui, plus récent, du remplacement des locomotives de trains de nuit). Le TGV 001 est retiré du service en 1978, après seulement quelques années d’exploitation en tant que prototype d’essai, sans jamais avoir transporté de voyageurs commerciaux.
Cet abandon n’efface pas son rôle : l’essentiel des innovations aérodynamiques et structurelles testées sur le TGV 001 est repris sur les rames électriques qui suivront. Le prototype meurt commercialement, mais sa technologie survit ailleurs.
| Étape | Événement |
|---|---|
| Début des années 1970 | Conception et construction du prototype par la SNCF et Alsthom |
| 8 décembre 1972 | Record de 318 km/h établi sur la ligne d’essai |
| 1973 | Choc pétrolier, remise en cause du turbotrain |
| 1978 | Retrait du service et abandon du projet |
Les motrices conservées : où les voir aujourd’hui

Malgré cette fin abrupte, le TGV 001 n’a pas totalement disparu. Une motrice a été préservée et fait aujourd’hui partie du patrimoine ferroviaire français, exposée à la Cité du Train de Mulhouse, plus grand musée ferroviaire d’Europe. Les visiteurs peuvent y observer de près ce nez aérodynamique qui a marqué l’histoire de la vitesse sur rail.
Cette préservation permet de mesurer, encore aujourd’hui, l’audace du design adopté à l’époque. Voir la motrice en vrai donne une idée concrète de ce que représentait ce saut technologique dans un contexte où la grande vitesse restait à inventer. Le TGV 001 y occupe une place à part, celle du prototype qui a ouvert une voie sans jamais l’emprunter lui-même jusqu’au bout.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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