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septembre 26, 2026 à 6h35Un train flambant neuf, des rails posés, des gares construites. Et pourtant, zéro passager. Le CDG Express, ce projet censé relier Paris à l’aéroport Charles-de-Gaulle en 20 minutes chrono, devait rouler pour les Jeux Olympiques, un événement qui a déjà produit ailleurs son lot d’infrastructures surdimensionnées, comme le montre l’exemple des stades grecs construits pour deux semaines de JO et restés inutilisés. Il ne roule toujours pas.
Le chiffre donne le vertige : 2,1 milliards d’euros engloutis dans cette liaison Paris-Roissy, sans qu’un seul voyageur ait pu monter à bord. La promesse présidentielle d’un train direct pour les JO 2024 s’est transformée en gouffre financier, repoussé désormais à 2027. Entre retards en cascade, surcoûts et colère des écologistes, le CDG Express est devenu le symbole d’un fiasco à la française.
Le projet CDG Express : un train fantôme à 2,1 milliards d’euros
Sur le papier, l’idée séduit depuis des décennies. Un train direct entre la gare de l’Est et l’aéroport Charles-de-Gaulle, sans arrêt, en 20 minutes, pour désengorger le RER B et offrir aux voyageurs internationaux une alternative digne d’une capitale mondiale. En pratique, le chantier s’étire depuis près de trente ans, ponctué d’annonces, de reports et de nouveaux investissements.
Aujourd’hui, les infrastructures sont quasiment achevées. Les voies existent, les gares aussi. Mais la mise en service, elle, continue de se dérober. Le montant total du projet a explosé pour atteindre 2,1 milliards d’euros, financés par l’État, la région et des partenaires privés, sans qu’un centime de recette voyageur ne soit encore rentré dans les caisses.
Une promesse présidentielle transformée en saga interminable
C’est l’un des engagements phares associés à l’organisation des Jeux Olympiques à Paris : offrir aux visiteurs du monde entier un accès fluide et rapide entre l’aéroport et le cœur de la capitale. Le calendrier était clair, le CDG Express devait être opérationnel avant l’été 2024, pile pour accueillir les délégations et les touristes venus assister aux JO 2024.
Cette promesse présidentielle n’a jamais été tenue. Les Jeux se sont déroulés sans le fameux train, et les voyageurs ont continué d’emprunter le RER B, souvent bondé et sujet aux incidents techniques. La ligne existante a absorbé, tant bien que mal, l’afflux exceptionnel de passagers pendant l’événement, prouvant au passage qu’elle pouvait tenir la charge, ce qui a nourri les critiques sur l’utilité réelle du projet concurrent.
Surcoûts et retards : anatomie d’un fiasco

Comment un projet aussi stratégique a-t-il pu dérailler à ce point ? Les explications s’accumulent, entre difficultés techniques sur certains tronçons, complexité des travaux à proximité des voies existantes de la SNCF, et négociations financières interminables entre les différents partenaires publics et privés.
Le préfet de Paris et d’Ile-de-France, Michel Cadot, a rappelé à plusieurs reprises la nécessité du projet, insistant sur l’importance d’une liaison rapide et fiable pour une métropole de cette envergure. Mais du côté des opposants, le constat est sans appel : trente ans pour construire trente kilomètres de voie ferrée, c’est un symbole d’échec plus qu’un symbole de modernité, à l’image du nouvel axe de Strasbourg censé fluidifier le trafic mais qui n’a fait que déplacer les bouchons. Le gouvernement a dû, à plusieurs reprises, intervenir pour sécuriser la réalisation du chantier face aux risques d’abandon pur et simple.
Le chiffre qui interroge
2,1 milliards d’euros dépensés, une échéance des JO 2024 manquée, et un nouveau rendez-vous fixé à 2027. Soit trois années supplémentaires d’attente pour les voyageurs et les contribuables franciliens.
« Le train des riches » : une polémique qui enfle
Au-delà des retards, c’est le tarif qui cristallise les tensions. Le billet du CDG Express devrait coûter environ 24 euros, un prix jugé prohibitif comparé aux quelques euros nécessaires pour emprunter le RER B sur le même trajet. Cette différence a valu au projet le surnom peu flatteur de « train des riches », repris par de nombreux élus et associations.
Les écologistes montent au créneau depuis le lancement du chantier. Leur argument tient en une phrase : pourquoi investir des milliards dans une infrastructure réservée à une clientèle aisée, alors que le RER B, utilisé quotidiennement par des dizaines de milliers de Franciliens, manque cruellement d’investissements pour sa modernisation ? L’opposition dénonce un choix politique déconnecté des besoins du plus grand nombre, au profit d’une vitrine touristique.
| Critère | CDG Express | RER B |
|---|---|---|
| Temps de trajet | 20 minutes | 35 à 50 minutes |
| Prix du billet | 24 euros | Environ 5 euros |
| Arrêts | Direct, sans arrêt | Nombreux arrêts |
2027 : un nouveau rendez-vous manqué ?

La date officielle avancée aujourd’hui pour la mise en service est 2027. Un chiffre qui suscite un scepticisme légitime, tant les précédentes échéances ont été systématiquement dépassées. Les responsables du projet assurent que les derniers obstacles techniques sont en voie de résolution, mais l’historique du dossier invite à la prudence.
Pour l’instant, la seule certitude reste celle des chiffres déjà engagés, un scénario qui rappelle celui du réinvestissement de 870 millions dans le toit du stade olympique de Montréal, vingt ans après la fin de son financement initial. 2,1 milliards d’euros immobilisés, une infrastructure quasiment prête mais inutilisée, et une opinion publique de plus en plus critique face à ce qui ressemble à un gouffre financier sans retour sur investissement visible. La question n’est plus seulement de savoir quand le train roulera, mais si les Franciliens accepteront encore longtemps de financer un projet dont l’utilité collective reste, pour beaucoup, à démontrer.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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