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octobre 2, 2026 à 5h25Une année déjà chaude, un océan Pacifique qui se réchauffe encore, et un phénomène qui s’annonce puissant. Quand les scientifiques préviennent que « les deux effets vont se cumuler », ils ne parlent pas d’une formule choc : ils décrivent une réalité physique très concrète, qui pèse sur les températures, les récoltes et les écosystèmes.
L’alerte de l’océanographe : pourquoi El Niño et réchauffement climatique se cumulent
Pour Romain Bourdalle-Badie, océanographe, le message tient en une phrase : El Niño va s’ajouter au réchauffement climatique, et les deux effets vont s’additionner. Autrement dit, le phénomène naturel ne remplace pas la tendance de fond, il vient se poser par-dessus.
La réponse courte à la question que beaucoup se posent : oui, un El Niño survenant dans un monde déjà plus chaud pousse la température globale vers des niveaux plus élevés qu’un El Niño d’il y a quarante ans. Le point de départ est plus haut, donc le point d’arrivée aussi. Les épisodes récents, comme celui de 2023-2024, l’ont montré avec des records de chaleur en série.
Ce cumul n’est pas une prédiction abstraite. Il explique pourquoi les prévisions météorologiques et climatiques pour 2026-2027 inquiètent autant les spécialistes de la surveillance climatique.
Comprendre El Niño : un phénomène climatique naturel
El Niño est un phénomène climatique naturel qui naît dans le Pacifique tropical. En temps normal, les alizés soufflent d’est en ouest et poussent les eaux chaudes vers l’Asie et l’Australie. Lors d’un El Niño, ces vents faiblissent, et la masse d’eau chaude glisse vers l’est, le long des côtes d’Amérique du Sud.
Cette bascule change la donne pour l’atmosphère. Une vaste zone d’océan plus chaud que la normale libère davantage de chaleur et d’humidité vers le haut, ce qui déplace les zones de pluie et modifie la circulation des vents à l’échelle de la planète. L’épisode revient tous les deux à sept ans environ et dure en général une dizaine de mois, avec un pic en hiver dans l’hémisphère nord.
Son pendant, La Niña, fonctionne à l’inverse : les eaux du Pacifique se refroidissent et les alizés se renforcent. On parle souvent d’« enfants terribles » du climat pour désigner ce duo, car il bouscule les saisons de part et d’autre de l’océan.
Le mécanisme du cumul : comment les deux effets s’additionnent

Le réchauffement climatique agit comme une pente montante : chaque décennie, la température moyenne de l’air et de l’océan grimpe un peu. El Niño, lui, agit comme une vague qui se superpose à cette pente. Quand la vague arrive, elle atteint une hauteur record parce qu’elle s’appuie sur un niveau de base déjà élevé.
Dans les faits, un El Niño fort fait monter la température globale de l’ordre de 0,1 à 0,2 °C, avec un décalage de quelques mois entre le pic océanique et la réponse de l’air. Ajoutée à la tendance de long terme, cette hausse suffit à battre des records annuels.
| Composante | Origine | Durée | Effet sur la chaleur |
|---|---|---|---|
| Réchauffement climatique | Gaz à effet de serre | Tendance continue, sur des décennies | Hausse de fond, régulière |
| El Niño | Variabilité naturelle du Pacifique | Environ un an | Pic temporaire de chaleur |
| Effet cumulatif | Les deux ensemble | Une à deux années sensibles | Records de température possibles |
Idée reçue : El Niño ne « cause » pas le réchauffement
Le phénomène ne crée pas la tendance de fond, il la rend plus visible pendant quelques mois. Quand il s’éteint, la chaleur de base, elle, reste, voire continue de monter. Confondre les deux revient à croire qu’une vague explique la hausse de la marée.
Quelles conséquences pour la planète en 2026-2027 ?
Les impacts d’El Niño varient selon les régions, mais ils suivent un schéma connu. Certaines zones basculent vers les sécheresses, d’autres vers les inondations, et la chaleur pèse partout sur la santé, l’agriculture et l’énergie.
Côté sécheresses, l’Asie du Sud-Est, l’Australie, l’Afrique australe et l’Inde, où la mousson peut faiblir, figurent parmi les zones les plus exposées. Le canal de Panama, dont le trafic dépend du niveau de l’eau, a déjà connu des restrictions lors d’un épisode précédent. À l’inverse, la côte pacifique de l’Amérique du Sud et le sud des États-Unis peuvent subir des pluies excessives.
Les océans sont en première ligne. Une eau plus chaude fragilise les coraux, qui blanchissent quand la température de l’océan dépasse leur seuil de tolérance trop longtemps. Les pêcheries changent aussi de visage, car les poissons suivent les eaux fraîches et les courants nourriciers s’affaiblissent.
Reste la question des catastrophes naturelles. Un El Niño ne multiplie pas chaque type d’événement partout, et il faut se méfier des raccourcis. Ce que les chercheurs constatent, c’est que le cumul avec le réchauffement augmente la probabilité de vagues de chaleur intenses, de feux de forêt et de précipitations extrêmes. Les projections de surmortalité liées à la chaleur d’ici 2027 relèvent de scénarios, pas de certitudes.
La surveillance scientifique d’un phénomène sous haute attention

Suivre El Niño demande des données en continu. Des bouées ancrées dans le Pacifique, des satellites et des modèles numériques mesurent la température de l’océan, la force des vents et le niveau de la mer. Les océanographes croisent ces informations pour affiner leurs prévisions sur plusieurs mois.
Le programme européen Copernicus joue un rôle central dans cette veille. Ses relevés indiquent que le réchauffement de l’océan se poursuit « à un rythme alarmant », ce qui donne à El Niño un terrain particulièrement favorable pour amplifier la chaleur. Les services météorologiques nationaux s’appuient sur ces données pour ajuster leurs alertes.
Une prévision reste une probabilité. Le moment exact du pic, son intensité et sa durée peuvent évoluer d’un mois à l’autre, et c’est bien pour cela que la surveillance climatique ne s’arrête jamais. Ce qui ne change pas, en revanche, c’est la logique décrite par l’océanographe : un phénomène naturel qui vient renforcer un changement climatique d’origine humaine.
Ce que ce cumul change pour vous
À l’échelle d’un foyer, l’effet se traduit surtout par des étés plus chauds, des prix alimentaires plus instables et des événements météo plus marqués dans certaines régions. Les collectivités, elles, ont tout intérêt à anticiper les canicules et les épisodes de pluie intense, une urgence qui nourrit la réflexion sur la décentralisation des villes face à la crise climatique.
Le message de l’expert n’est pas de céder à l’alarmisme, mais de regarder les deux courbes ensemble. El Niño passera, le réchauffement climatique, lui, continuera tant que les émissions resteront élevées.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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