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septembre 18, 2026 à 17h04Un levage de 1400 tonnes réussi au millimètre près, des trémies enfin refermées : à Cadarache, le chantier du siècle vient de passer un point de non-retour. Deux opérations parmi les plus délicates de toute l’histoire du projet ITER viennent d’être bouclées, et ça change la donne pour la suite.
Concrètement, les équipes ont achevé le levage et l’installation d’une pièce géante de 1400 tonnes au cœur du réacteur expérimental, puis ont refermé les dernières trémies et modules qui restaient ouverts sur la structure. Ces deux étapes étaient considérées comme les plus complexes de tout le calendrier d’assemblage. Leur achèvement marque un tournant réel dans la construction du plus grand projet scientifique jamais mené pour tenter de reproduire la fusion nucléaire sur Terre.
ITER : l’achèvement des deux plus gros chantiers du réacteur
Dans le sud de la France, sur le site de Cadarache, en région Sud, les ingénieurs d’ITER viennent de refermer deux dossiers particulièrement lourds. Le premier concernait le déplacement et la mise en place d’une pièce colossale, l’un des composants les plus massifs jamais manipulés dans une installation nucléaire expérimentale. Le second portait sur la fermeture de trémies, ces ouvertures techniques indispensables durant la phase de montage mais qui devaient impérativement être scellées avant la suite des opérations.
Levage et installation de la pièce de 1400 tonnes : une prouesse technique
Faire léviter puis positionner une masse de 1400 tonnes avec une précision de l’ordre du millimètre n’a rien d’anodin. L’opération a mobilisé des ponts roulants spécialement conçus pour le site, des capteurs de position ultra-sensibles et plusieurs semaines de préparation avant le jour J. Le moindre écart aurait pu compromettre l’alignement de composants voisins, eux-mêmes calibrés au dixième de millimètre près.
Ce type de manœuvre illustre bien ce qu’est ITER : un exploit industriel autant qu’une aventure scientifique. Chaque pièce est unique, fabriquée sur mesure par des industriels répartis sur plusieurs continents, puis acheminée et assemblée sur place selon un séquençage extrêmement strict.
Fermeture des dernières trémies et modules critiques
La fermeture des trémies marque, elle, la fin d’une phase d’accès qui permettait aux équipes d’intervenir à l’intérieur même de la structure en construction. Une fois ces ouvertures scellées, il devient beaucoup plus difficile de revenir en arrière, ce qui témoigne de la confiance des équipes techniques dans la qualité du montage réalisé jusqu’ici. Cette étape conditionnait directement la suite de l’assemblage général du réacteur.
L’ordre de grandeur à retenir
1400 tonnes, c’est à peu près le poids de deux Airbus A380 en charge. Ce chiffre donne une idée de la complexité d’un levage réalisé à l’intérieur d’un bâtiment, dans un espace confiné, sans marge d’erreur possible.
Où en est l’assemblage du réacteur à fusion nucléaire
Ces deux chantiers achevés s’inscrivent dans un mouvement plus large : celui de l’assemblage du Tokamak, la structure en forme d’anneau qui doit confiner le plasma à l’intérieur d’un champ magnétique. C’est là que doit se produire, à terme, la réaction de fusion elle-même.
Le Tokamak et la chambre à vide : état d’avancement
La chambre à vide, cette enceinte hermétique où circulera le plasma porté à des températures extrêmes, a vu plusieurs de ses modules installés ces derniers mois. Chaque module pèse plusieurs centaines de tonnes et doit s’emboîter avec une précision redoutable dans les segments déjà en place. L’installation progressive de ces éléments rapproche le Tokamak de sa configuration finale, pièce par pièce, dans un ballet millimétré qui dure depuis plusieurs années.
Les aimants supraconducteurs et la tour du solénoïde central
Autour de cette chambre viennent se positionner les aimants supraconducteurs, chargés de générer le champ magnétique nécessaire pour maintenir le plasma en suspension sans qu’il touche les parois. Parmi eux, le solénoïde central occupe une place à part : cette tour d’aimants, l’une des plus puissantes jamais construites, doit permettre d’initier et de contrôler le courant plasma. Son installation avance en parallèle des autres chantiers, avec le même niveau d’exigence sur la précision et la sécurité.
ITER : un projet international d’envergure planétaire

Ce qui rend ITER unique, c’est aussi la manière dont il a été conçu, un modèle de coopération qu’on retrouve avec la production européenne de ruban HTS pour la fusion nucléaire, pensée pour réduire la dépendance à la Chine. Il s’agit d’un projet international réunissant l’Union européenne, les États-Unis, la Russie, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Inde. Chaque partenaire international fabrique une partie des composants sur son propre territoire, avant qu’ils ne soient transportés jusqu’à Cadarache pour être assemblés.
Cette organisation, aussi complexe soit-elle sur le plan logistique, a permis de mutualiser des savoir-faire industriels rares et des budgets colossaux qu’aucun pays n’aurait pu porter seul. Elle explique aussi pourquoi chaque étape de l’assemblage, comme celle qui vient d’être franchie, revêt une portée symbolique dépassant largement les frontières françaises.
| Élément | Rôle |
|---|---|
| Tokamak | Structure principale confinant le plasma |
| Chambre à vide | Enceinte où circule le plasma en fusion |
| Solénoïde central | Génère et contrôle le courant plasma |
| Aimants supraconducteurs | Maintiennent le plasma sans contact avec les parois |
Calendrier et prochaines étapes vers 2033
Le calendrier d’ITER a déjà connu plusieurs ajustements depuis le lancement du projet, tant la complexité technique dépasse ce qu’aucune installation industrielle a connu jusqu’ici. L’horizon actuellement fixé pour un premier plasma se situe autour de 2033, avec une montée en puissance progressive dans les années suivant cette date.
L’objectif final reste de démontrer qu’il est possible de produire de l’énergie de fusion de façon stable et contrôlée, en reproduisant à échelle expérimentale les réactions qui alimentent le Soleil. Ce n’est qu’après cette démonstration que la question d’une exploitation à plus grande échelle pourra sérieusement se poser. En attendant, chaque étape franchie à Cadarache, comme celle de ces deux chantiers désormais achevés, réduit un peu plus l’écart entre la théorie et la réalisation concrète d’un réacteur capable de fonctionner.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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