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septembre 18, 2026 à 7h21
Squat des résidences secondaires : garages, piscines et bateaux aussi ciblés
septembre 18, 2026 à 12h17Un projet de toiture végétalisée ou de jardin partagé qui capote en assemblée générale, faute de voix suffisantes. C’est le scénario qui se répète dans de nombreuses copropriétés où les propriétaires non-résidents pèsent lourd dans la balance. Quand la part de résidences secondaires est élevée, les chances d’adopter des travaux de végétalisation s’amenuisent nettement.
Ce constat n’a rien d’anodin. Il correspond au moment où le quorum devient difficile à atteindre en assemblée générale, où les procurations manquent, et où les propriétaires absents la majeure partie de l’année ne se sentent pas concernés par le confort d’été de leurs voisins occupants. Résultat : des projets pourtant utiles restent bloqués des années durant.
Pourquoi les résidences secondaires freinent les projets de végétalisation
Dans une copropriété classique, chaque propriétaire dispose d’un droit de vote proportionnel à ses tantièmes. Un propriétaire de résidence secondaire a exactement le même poids qu’un occupant à l’année. Le problème ne vient donc pas d’une inégalité de droits, mais d’un absentéisme structurel : ces propriétaires participent moins aux assemblées, répondent peu aux convocations et se sentent souvent peu investis dans des décisions qui touchent la vie quotidienne de l’immeuble.
Le poids des résidences secondaires dans les votes en AG
Un projet de végétalisation implique presque toujours des travaux sur les parties communes : toiture, cour, façade, jardin collectif. Ces décisions relèvent de votes qui exigent une majorité qualifiée, et non une simple majorité des présents. Quand une part importante des copropriétaires ne se déplace jamais et ne donne pas procuration, atteindre le quorum requis devient un parcours d’obstacles pour le syndic comme pour le conseil syndical.
Les règles de majorité en copropriété pour les travaux de végétalisation
Selon la nature des travaux, la majorité applicable change. Une simple amélioration esthétique peut passer à la majorité de l’article 24 (majorité des voix exprimées), mais dès que le projet touche à la structure du bâtiment, comme une toiture végétalisée nécessitant un renforcement, on bascule souvent vers l’article 25, qui exige la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou non. C’est précisément là que les résidences secondaires absentes deviennent un obstacle direct : leurs voix comptent dans le calcul, mais elles ne sont jamais exprimées.
Ce que dit le règlement de copropriété
La majorité de l’article 25 exige l’accord de la moitié des voix de tous les copropriétaires du syndicat, qu’ils soient présents, représentés ou absents. Un fort taux d’absentéisme, fréquent avec les résidences secondaires, rend ce seuil quasiment impossible à franchir sans stratégie de procuration.
Les obstacles concrets liés aux propriétaires non-résidents
Au-delà du vote lui-même, la mobilisation en amont pose problème. Un propriétaire occupant croise ses voisins, entend parler du projet lors de discussions informelles, peut être convaincu progressivement. Un propriétaire non-résident ne vit rien de tout cela. Il reçoit une convocation par courrier, parfois plusieurs semaines avant l’assemblée, et n’a ni le temps ni l’envie de se pencher sur des détails techniques concernant l’entretien d’espaces verts ou le coût d’une toiture végétalisée. Ces propriétaires font d’ailleurs déjà face à d’autres préoccupations propres à leur bien, comme le risque d’occupation illégale qui touche de plus en plus les résidences secondaires, ce qui n’incite pas toujours à se pencher en priorité sur des travaux collectifs.
Les charges constituent un autre point de friction. Un projet de végétalisation implique des frais d’installation, mais aussi un budget d’entretien récurrent. Pour un propriétaire qui n’occupe son bien que quelques semaines par an, l’argument du confort d’été ou de la biodiversité pèse moins lourd que celui de l’augmentation des charges. Cette divergence d’intérêts explique une partie du blocage observé dans les copropriétés parisiennes et de la petite couronne, où la proportion de pieds-à-terre reste élevée dans certains arrondissements et communes limitrophes.
Les enjeux de la végétalisation en copropriété

Ces blocages sont d’autant plus regrettables que les bénéfices de la végétalisation sont bien documentés. Une toiture végétalisée ou des plantations en pied d’immeuble créent des îlots de fraîcheur qui atténuent les effets de la chaleur, réduisent la température ressentie dans les logements du dernier étage et limitent le recours à la climatisation. Ces aménagements favorisent aussi la biodiversité urbaine, en offrant un refuge à des insectes pollinisateurs et à certaines espèces d’oiseaux devenues rares en ville. Alors que les épisodes de canicule semblent appelés à se multiplier, certains climatologues rappellent que plusieurs phénomènes, comme les effets cumulés d’El Niño sur le climat, pourraient accentuer encore ces vagues de chaleur en ville.
Le confort d’été n’est pas le seul enjeu. Des espaces verts bien entretenus valorisent le patrimoine immobilier, apaisent les tensions de voisinage en créant des lieux de convivialité, et répondent à une attente croissante des acheteurs sensibles aux questions environnementales. Ignorer ces bénéfices, faute de pouvoir réunir une majorité en assemblée générale, prive la copropriété d’un atout tangible sur le long terme.
Solutions pour débloquer les projets malgré les résidences secondaires
Plusieurs leviers existent pour desserrer ce blocage sans attendre une évolution législative. La procuration reste l’outil le plus direct : un conseil syndical actif peut solliciter par avance les propriétaires non-résidents, leur expliquer le projet par écrit ou par visioconférence, et leur proposer de donner mandat à un copropriétaire présent ou au syndic. Cette démarche demande du temps, mais elle change souvent l’issue du vote.
La communication en amont joue également un rôle déterminant. Présenter un dossier chiffré, avec le coût des travaux, l’impact estimé sur les charges et les aides mobilisables, rassure des propriétaires qui hésitent surtout par manque d’information. Certaines collectivités, notamment à Paris, proposent des subventions pour les projets de végétalisation des toitures ou des cours, et il peut être utile de vérifier au préalable quels travaux extérieurs restent éligibles à la TVA réduite, ce qui réduit la facture globale et facilite l’adhésion des copropriétaires les plus hésitants.
Enfin, fractionner le projet peut débloquer une situation figée. Plutôt que de soumettre un plan de végétalisation ambitieux nécessitant l’article 25, certains syndics proposent d’abord une phase test, moins coûteuse et votable à une majorité plus accessible. Une fois les premiers résultats visibles, la confiance s’installe et un second vote, plus ambitieux, passe plus facilement, y compris avec une proportion élevée de propriétaires absents une partie de l’année.
Le blocage n’est donc jamais totalement irréversible. Il demande de la méthode, de la patience et une meilleure anticipation des règles de quorum et de majorité, mais les copropriétés qui persévèrent finissent souvent par transformer leurs parties communes en véritables espaces respirants, même face à une proportion importante de résidences secondaires.

Passionné d’entreprise et de finance, Salvador décrypte la stratégie, le management et les évolutions du monde professionnel pour aider chacun à mieux comprendre comment fonctionnent les organisations.
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