Siphonnage de carburant : les gestes simples qui peuvent vous éviter une mauvaise surprise
Vous montez dans votre voiture un matin et la jauge d’essence est à zéro. Pourtant, vous aviez fait le plein deux jours plus tôt. Ce scénario, de plus en plus de conducteurs le vivent en ce moment. Les vols de carburant par siphonnage sont de retour, et les gendarmeries de plusieurs départements tirent la sonnette d’alarme.
Un phénomène déjà vu, qui revient en force
Ce n’est pas la première fois. En 2022, quand les prix du carburant avaient explosé après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les signalements de siphonnage s’étaient multipliés. La même dynamique se répète aujourd’hui, portée par la flambée des prix du diesel et de l’essence.
Le principe est simple et redoutablement efficace : un tuyau introduit dans la goulotte du réservoir suffit à en vider le contenu. Ce qui aggrave la situation, c’est que des kits de siphonnage complets sont disponibles en ligne pour une vingtaine d’euros à peine. Face au prix actuel du carburant, le calcul est vite fait pour les voleurs.
Les gendarmeries du Nord et de Haute-Garonne ont notamment publié des avertissements sur leurs réseaux sociaux pour alerter la population. L’ampleur exacte du phénomène reste difficile à chiffrer, mais suffisante pour justifier ces mises en garde officielles.
Qui est vraiment dans le viseur des voleurs ?
Les professionnels sont les cibles prioritaires. Transporteurs routiers, agriculteurs, entreprises du BTP : leurs véhicules embarquent des réservoirs imposants, parfois jusqu’à 1 000 litres pour certains camions. Le butin potentiel est donc considérable en une seule opération.
Mais les particuliers ne sont pas épargnés pour autant. Des vols chez des conducteurs lambda avaient déjà été documentés en 2022, et rien n’indique que cela ne se reproduira pas cette fois-ci. Si votre voiture a quelques années au compteur, elle pourrait bien être une cible facile.
Votre voiture est-elle protégée ? Tout dépend de son âge
Les véhicules récents bénéficient d’une protection bien plus solide. Les constructeurs ont intégré ces dernières années plusieurs dispositifs dissuasifs : clapets anti-retour dans la goulotte, trappes à carburant verrouillées centralement ou par clé, et réservoirs à géométrie complexe.
Ces réservoirs modernes peuvent être compartimentés, avec plusieurs sections reliées par une pompe interne. Résultat : même si un voleur parvient à glisser un tuyau à l’intérieur, il ne récupère qu’une fraction du carburant disponible.
En revanche, les véhicules fabriqués avant 2010 restent bien plus exposés. Ils ne disposent souvent d’aucun de ces systèmes de protection et constituent donc des cibles de choix. Et attention : même une trappe verrouillée n’est pas inviolable, elle peut être forcée ou cassée.
Ce que vous pouvez faire concrètement dès maintenant
La gendarmerie du Nord recommande en premier lieu de repenser ses habitudes de stationnement. Privilégiez les parkings fermés, bien éclairés et sécurisés. Si vous n’avez pas le choix, garez-vous contre un mur ou collez votre véhicule à un autre pour réduire l’accès à la trappe du réservoir.
Autre réflexe à adopter : évitez de laisser votre réservoir plein le soir ou en début de week-end. Ces créneaux correspondent aux moments où les vols sont les plus fréquents, quand les rues sont moins fréquentées et la vigilance plus faible.
Si votre voiture est ancienne et ne dispose d’aucune protection native, il existe des solutions accessibles. Des bouchons antivol et des dispositifs anti-siphonnage compatibles avec la plupart des véhicules sont disponibles dans le commerce. Un investissement modeste qui peut vous éviter de mauvaises surprises.