
SNCF : un appel d’offres d’un milliard d’euros pour remplacer 150 locomotives de nuit
septembre 19, 2026 à 12h30
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septembre 19, 2026 à 17h47Un contrat signé à l’autre bout du monde, des pièces conçues sur trois continents, et un objectif commun : faire rouler des trains sans une seule goutte de diesel. Alstom vient de décrocher l’un de ses contrats les plus emblématiques de l’année, dans une région du globe où la France n’exportait pas encore ce type de technologie (à mettre en perspective avec l’appel d’offres d’un milliard d’euros de la SNCF pour ses trains de nuit).
Le constructeur ferroviaire a remporté un contrat de 538 millions d’euros auprès de Greater Wellington, le conseil régional de la capitale néo-zélandaise, située dans l’île du Nord. À la clé : 18 trains à batterie de la gamme Adessia Stream B, destinés à remplacer une flotte diesel vieillissante sur les lignes périurbaines de la région.
Un contrat de 538 millions d’euros pour Alstom en Nouvelle-Zélande
Ce contrat s’inscrit dans le programme LNIRIM, pour Lower North Island Rail Integrated Mobility, un plan de modernisation du réseau ferroviaire régional porté par les autorités néo-zélandaises. L’ambition affichée est simple : offrir aux habitants de la région de Wellington des trains périurbains plus fiables, plus silencieux et surtout sans émissions directes de carbone.
Il s’agit de la première commande de trains périurbains électriques à batterie jamais passée en Nouvelle-Zélande. Un signal fort pour un pays encore largement dépendant du diesel sur ses lignes régionales, et une porte d’entrée pour Alstom sur un marché où l’entreprise n’avait pas encore d’implantation industrielle directe.
18 trains à batterie Adessia Stream B : une solution zéro émission
Les 18 rames commandées appartiennent à la famille Adessia Stream, une gamme de trains conçue pour circuler aussi bien sur des lignes électrifiées que sur des tronçons dépourvus de caténaire, grâce à leurs batteries embarquées. C’est justement cette polyvalence qui a séduit Greater Wellington, dont le réseau ne dispose pas d’une électrification complète.
Caractéristiques des trains Adessia Stream B
Ces trains fonctionnent en mode électrique classique là où la caténaire existe, puis basculent automatiquement sur batterie pour parcourir les sections non électrifiées. Le résultat : aucune émission directe de carbone pendant le trajet, un confort de roulement amélioré et une maintenance simplifiée par rapport aux motorisations diesel. La fabrication elle-même illustre l’ampleur internationale du groupe, avec des composants et une ingénierie répartis entre l’Europe, l’Asie et l’Océanie, avant assemblage final destiné au marché néo-zélandais.
Remplacer la flotte diesel par une technologie sans émissions directes
La flotte actuelle de Greater Wellington repose en partie sur du matériel diesel vieillissant, coûteux à entretenir et de plus en plus difficile à justifier sur le plan environnemental. Le passage à l’électrique à batterie s’inscrit dans une logique de transition énergétique plus large, portée par les collectivités locales néo-zélandaises qui cherchent à réduire l’empreinte carbone de leurs transports publics sans attendre une électrification totale du réseau, financièrement hors de portée à court terme.
538 millions d’euros, 18 trains, 35 ans d’engagement : ce contrat figure parmi les plus importants jamais signés par Alstom en Océanie, une région où le groupe n’avait pas encore de présence industrielle directe.
Un engagement sur 35 ans : maintenance et infrastructures

Le contrat ne se limite pas à la livraison des rames. Alstom s’engage sur une durée de 35 ans pour assurer l’exploitation et la maintenance ferroviaire de la flotte, via son offre FlexCare Perform. Ce type de contrat de long terme est devenu la norme dans l’industrie ferroviaire : il garantit au client une disponibilité optimale du matériel, tout en assurant au constructeur un revenu récurrent bien au-delà de la simple vente de trains.
Construction d’un site de maintenance à Masterton
Pour honorer cet engagement, Alstom va construire un site de maintenance dédié à Masterton, une ville située au nord-est de Wellington, sur l’une des lignes desservies par le futur réseau à batterie. Cette infrastructure locale permettra d’assurer l’entretien courant, les révisions et la disponibilité des rames sans dépendre de sites situés à l’étranger, un point stratégique pour un archipel isolé des grands centres industriels ferroviaires.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Montant du contrat | 538 millions d’euros |
| Client | Greater Wellington (conseil régional, île du Nord) |
| Matériel livré | 18 trains Adessia Stream B, électriques à batterie |
| Durée du contrat | 35 ans (fourniture + maintenance FlexCare Perform) |
| Site de maintenance | Masterton |
Enjeux pour Alstom et le marché néo-zélandais
Pour Alstom, ce contrat représente bien plus qu’une simple vente de matériel. Il permet au groupe de s’implanter durablement en Océanie, dans un marché où la concurrence internationale reste limitée sur ce segment précis des trains périurbains à batterie. La technologie de pointe déployée sur ce programme pourrait servir de vitrine pour d’autres appels d’offres dans la région Asie-Pacifique, où plusieurs réseaux ferroviaires cherchent des alternatives au diesel sans passer par une électrification complète.
Pour la Nouvelle-Zélande, ce contrat marque une étape dans la modernisation de son réseau ferroviaire régional. Le programme LNIRIM, jusqu’ici resté à l’état de projet, prend une forme concrète avec un calendrier de livraison et un partenaire industriel identifié. Reste à voir comment ce modèle, fabriqué sur trois continents et assemblé pour un marché insulaire, tiendra ses promesses de fiabilité une fois les rames en circulation sur les lignes de Wellington.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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