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Pas de patron, pas de congés maladie automatiques, pas de maintien de salaire. En tant qu’auto-entrepreneur, un arrêt de travail peut rapidement peser lourd sur votre trésorerie. Pourtant, un filet de sécurité existe bel et bien côté Sécurité sociale.
Encore faut-il savoir à quoi vous avez droit, dans quelles conditions, et surtout ce que ces indemnités couvrent réellement. Parce que la réalité est souvent bien loin des idées reçues.
Contrairement à une idée reçue persistante, les auto-entrepreneurs bénéficient bien d’indemnités journalières maladie (IJ) versées par l’Assurance Maladie. Ce droit est ouvert depuis la réforme du Régime Social des Indépendants (RSI), intégré au régime général en 2018.
Depuis cette fusion, les travailleurs indépendants, dont les auto-entrepreneurs, cotisent au régime général et peuvent prétendre aux mêmes prestations en espèces que les salariés, sous certaines conditions.
Pour ouvrir vos droits aux indemnités journalières, vous devez remplir plusieurs critères cumulatifs. Le premier : être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins un an. Le second : justifier d’un certain niveau de revenus ou de cotisations.
Plus précisément, vous devez avoir perçu un revenu professionnel annuel d’au moins 4 046,40 € (base 2024) au cours de l’année civile précédant l’arrêt. Ce seuil correspond à 600 fois le taux horaire du SMIC. En dessous de ce montant, aucune indemnité ne sera versée.
La première année d’activité est souvent un angle mort. Si vous venez de lancer votre micro-entreprise et que vous n’avez pas encore d’historique de revenus suffisant, vous ne pourrez pas prétendre aux indemnités journalières de l’Assurance Maladie.
Dans cette période de démarrage, une prévoyance complémentaire individuelle devient donc d’autant plus stratégique pour éviter de vous retrouver sans ressources en cas d’arrêt.
Le montant des indemnités journalières est calculé sur la base de votre revenu annuel moyen des trois dernières années. La formule retenue : 1/730e de ce revenu moyen, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS).
Concrètement, plus vos revenus déclarés sont élevés, plus vos indemnités seront importantes. Mais le montant est plafonné : l’IJ ne peut pas dépasser 56,35 € par jour (montant 2024). Pour un auto-entrepreneur aux revenus modestes, l’indemnité peut se révéler assez faible.
Imaginons que votre revenu annuel moyen sur les trois dernières années soit de 18 000 €. Votre indemnité journalière brute sera de 18 000 / 730, soit environ 24,66 € par jour. Pour un arrêt d’un mois (30 jours), vous percevrez environ 739 €.
C’est souvent loin de couvrir vos charges fixes. D’où l’importance d’envisager un complément de prévoyance.
Autre point crucial à connaître : le délai de carence. Pour les auto-entrepreneurs, il est fixé à 3 jours en cas de maladie ordinaire. Cela signifie que vos indemnités ne démarrent qu’à partir du 4e jour d’arrêt.
Ce délai est identique à celui appliqué aux salariés du secteur privé. Pour les arrêts de longue durée, cela reste supportable. En revanche, pour des arrêts courts et répétés, ces jours non indemnisés peuvent s’accumuler rapidement.
Dans certains cas, le délai de carence est supprimé ou réduit. C’est notamment le cas pour les affections de longue durée (ALD), la maternité ou certaines pathologies graves reconnues. Votre médecin et votre CPAM peuvent vous renseigner sur votre situation spécifique.
La démarche est simple mais doit être respectée dans les délais. Votre médecin établit un arrêt de travail en trois volets. Les volets 1 et 2 sont transmis à votre CPAM, le volet 3 reste chez vous.
Vous devez envoyer votre arrêt de travail à l’Assurance Maladie dans les 48 heures suivant la prescription. Passé ce délai, une réduction de vos indemnités peut être appliquée. Tout peut se faire en ligne via votre compte Ameli.
Les indemnités journalières de base restent souvent insuffisantes pour maintenir votre niveau de vie. Elles ne couvrent pas vos charges professionnelles (local, abonnements, cotisations…) ni vos dépenses personnelles si vos revenus sont conséquents.
Souscrire une prévoyance complémentaire permet de combler cet écart. Ces contrats proposent des indemnités complémentaires, un délai de carence personnalisable (parfois dès le 1er jour), et parfois une couverture invalidité. Le coût varie selon votre âge, votre activité et les garanties choisies.
Avant de souscrire, examinez attentivement le délai de franchise (carence contractuelle), le montant de l’indemnité journalière complémentaire proposée, les exclusions de garanties, et les conditions de revalorisation des prestations.
Une comparaison rigoureuse entre plusieurs contrats vous permettra d’identifier celui qui correspond à votre profil et à votre niveau de revenu réel.
En tant qu’auto-entrepreneur, votre protection sociale n’est pas nulle — mais elle est souvent insuffisante face à une longue absence. Anticiper, c’est vous donner les moyens de traverser un coup dur sans mettre en péril votre activité.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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