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septembre 20, 2026 à 2h37Quitter un CDI pour lancer sa propre affaire fait peur à beaucoup de salariés, souvent à cause d’une idée reçue : démissionner ferait automatiquement perdre tout droit aux allocations. Ce n’est pas exact. Un dispositif spécifique existe pour sécuriser ce virage professionnel, encore trop méconnu.
Oui, il est possible de toucher le chômage après une démission pour création d’entreprise, à condition de passer par le dispositif démissionnaire mis en place pour les projets de reconversion professionnelle. Ce mécanisme permet à un salarié en CDI de démissionner tout en conservant l’accès aux allocations chômage, à condition de respecter une procédure précise avant même de quitter son poste. Sans cette démarche préalable, la démission classique reste considérée comme volontaire et exclut en principe du bénéfice de l’ARE, ce qui pousse alors à examiner les conditions pour toucher le RSA après une démission.
Les 3 conditions pour bénéficier du dispositif démissionnaire
Trois critères cumulatifs conditionnent l’accès à ce statut particulier. Ils sont vérifiés dès le dépôt du dossier, avant la démission elle-même.
Être en CDI de droit privé
Seuls les salariés titulaires d’un contrat à durée indéterminée dans le secteur privé peuvent solliciter ce dispositif. Les agents publics, les intérimaires ou les salariés en CDD ne sont pas concernés par cette voie, même s’ils ont un projet de création d’entreprise tout aussi sérieux.
Justifier de 5 ans d’ancienneté continue
Il faut avoir travaillé de façon continue pendant 5 ans d’activité continue, chez un ou plusieurs employeurs, avant la date de la démission. Cette ancienneté s’apprécie sur les cinq dernières années précédant la fin du contrat de travail, périodes cumulées comprises si le salarié a changé d’employeur durant cette période.
Présenter un projet réel et sérieux
Le projet de création d’entreprise doit être suffisamment abouti pour être qualifié de projet réel et sérieux. Cela suppose une étude de marché minimale, un plan de financement, et une cohérence entre le parcours du salarié et l’activité envisagée. C’est ce critère qui fait l’objet de la validation par la commission paritaire de Transitions Pro.
Les étapes pour obtenir le chômage après une démission pour création d’entreprise
La procédure suit un ordre strict, et chaque étape doit être respectée avant de démissionner sous peine de perdre le bénéfice du dispositif.
Préparer et faire valider son projet via un CEP
La première étape consiste à consulter un Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP), via un organisme habilité. Ce rendez-vous, gratuit, permet de formaliser le projet et d’obtenir un document attestant que le salarié a bénéficié d’un accompagnement personnalisé. Ce justificatif du CEP est obligatoire pour la suite du dossier.
Déposer son dossier auprès de Transitions Pro
Le dossier de demande, incluant l’attestation CEP et les éléments du projet, doit ensuite être envoyé à Transitions Pro de la région du salarié. Une commission paritaire examine le caractère réel et sérieux du projet et rend une décision, favorable ou non, sous un délai généralement compris entre un et deux mois.
Démissionner après validation, puis s’inscrire à France Travail
Une fois la validation obtenue, le salarié peut démissionner en toute sécurité. Il dispose ensuite d’un délai d’inscription de 6 mois pour s’inscrire auprès de France Travail (anciennement Pôle emploi) et faire reconnaître sa démission comme une démission légitime ouvrant droit à l’ARE. Sans cette validation préalable, l’inscription se solderait par un refus d’indemnisation, sauf recours ultérieur auprès de l’instance paritaire régionale.
L’erreur qui coûte cher : démissionner avant validation
Beaucoup de salariés démissionnent en pensant régulariser leur dossier après coup. C’est l’erreur la plus fréquente : sans accord préalable de Transitions Pro, la démission est traitée comme volontaire classique et l’accès aux allocations chômage est refusé, sauf situation particulière reconnue par France Travail.
Faut-il créer son entreprise avant ou après la démission ?
La logique du dispositif impose de valider le projet avant de démissionner, mais la création juridique de l’entreprise (immatriculation, statut de micro-entreprise ou d’auto-entrepreneur) intervient généralement après l’inscription à France Travail. Cet ordre permet de bénéficier du maintien des droits pendant la phase de lancement, tout en touchant l’allocation chômage calculée sur les salaires antérieurs.
Créer l’entreprise trop tôt, avant même la fin de la procédure, peut compliquer le dossier auprès de la commission paritaire, qui doit encore juger de la pertinence du projet sur la base d’éléments prévisionnels plutôt que d’une activité déjà lancée.
Les aides à la création d’entreprise cumulables avec le chômage
Une fois inscrit à France Travail avec un projet validé, plusieurs aides financières peuvent se combiner, notamment les aides à la reconversion professionnelle selon votre statut, pour sécuriser ce nouveau départ. L’ARE (allocation de retour à l’emploi) peut être perçue mensuellement pendant toute la durée des droits, en cumul ARE avec les revenus de l’activité créée, sous certaines limites de plafond. L’ACRE (aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise) offre une exonération partielle de charges sociales durant la première année d’activité.
Une autre option consiste à demander l’ARCE, qui transforme une partie du reliquat de droits ARE en capital versé en deux fois, plutôt qu’en mensualités. Ce choix est intéressant pour financer un investissement de départ, mais il exclut le versement mensuel de l’allocation pendant la même période. Le tableau suivant résume les grandes différences entre ces deux options.
| Aide | Fonctionnement | Point de vigilance |
|---|---|---|
| ARE en cumul | Versement mensuel, ajusté selon les revenus de l’activité | Nécessite une déclaration régulière des revenus à France Travail |
| ARCE | 45 % du reliquat ARE versé en capital, en deux fois | Fin du versement mensuel de l’allocation |
Le choix entre ARE et ARCE dépend surtout du besoin de trésorerie au démarrage et de la nature de l’activité créée. Un accompagnement par le CEP ou un conseiller France Travail permet d’affiner cette décision en fonction du projet et du montant du reliquat de droits disponible.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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