Chaque printemps, des millions de retraités valident leur déclaration en quelques clics, convaincus que rien n’a changé depuis l’année précédente. C’est précisément ce réflexe qui coûte cher à certains d’entre eux. Pour la campagne fiscale 2026, portant sur les revenus perçus en 2025, plusieurs lignes du formulaire 2042 méritent une attention particulière : les cases 1AS à 1DS.
Ces cases ne sont pas de simples cases de saisie. Elles conditionnent le calcul de votre impôt, l’application d’abattements réservés aux seniors et, dans certains cas, le déclenchement d’un contrôle fiscal. Mieux vaut savoir exactement ce qu’on y déclare.
À quoi servent vraiment les lignes 1AS à 1DS ?
Dans le cadre intitulé « Pensions, retraites, rentes » du formulaire 2042, les lignes 1AS à 1DS accueillent un ensemble de revenus plus large qu’on ne le croit. Selon impots.gouv.fr, on y reporte les pensions de retraite de base et complémentaires issues des régimes obligatoires, les allocations de retraite et de vieillesse, ainsi que les majorations pour charges de famille.
Mais ce n’est pas tout. Ces mêmes cases reçoivent aussi les rentes viagères à titre gratuit et les rentes versées dans le cadre de produits d’épargne retraite : PER, PERP, PREFON, contrats Madelin, PERIN, PERECO ou PERO. Tous ces montants entrent dans le calcul du revenu brut global du foyer fiscal.
Trois zones de confusion existent et doivent être évitées. Les pensions et rentes d’invalidité se déclarent en 1AZ à 1DZ. Les pensions alimentaires et prestations compensatoires vont en 1AO à 1DO. Quant aux retraités fraîchement pensionnés, impots.gouv.fr rappelle qu’ils doivent basculer de la case 1AJ (salaires) vers les cases 1AS à 1DS dès l’année suivant leur départ à la retraite.
Deux abattements en jeu pour les plus de 65 ans
L’abattement de 10 % sur les pensions
Les montants déclarés en 1AS à 1DS, ainsi que ceux des pensions alimentaires en 1AO à 1DO, bénéficient automatiquement d’un abattement de 10 %. Selon la CFDT Retraités, cet abattement s’applique avec un plancher de 450 euros par membre du foyer fiscal. Si la pension annuelle est inférieure à ce montant, l’abattement est limité au montant de la pension elle-même.
Une saisie incorrecte dans ces cases peut donc réduire cet avantage fiscal ou, à l’inverse, gonfler artificiellement l’impôt à payer. L’enjeu est concret et immédiat.
L’abattement spécifique pour personnes âgées
Un second mécanisme entre en jeu pour les foyers dont au moins un membre avait plus de 65 ans au 31 décembre 2025, c’est-à-dire né avant le 1er janvier 1961. D’après les travaux budgétaires cités par le Sénat, cet abattement supplémentaire atteint 2 796 euros si le revenu net global du foyer ne dépasse pas 17 510 euros. Il est ramené à 1 398 euros pour un revenu compris entre 17 510 et 28 170 euros. Au-delà de ce second seuil, aucun abattement n’est appliqué.
Ce revenu net global intègre directement les pensions déclarées en 1AS à 1DS. Une erreur de saisie peut donc faire basculer un foyer au-dessus du seuil et lui faire perdre des centaines d’euros d’avantage fiscal sans qu’il s’en rende compte.
Les cinq erreurs qui reviennent le plus souvent
Les notices officielles et les retours de terrain identifient plusieurs pièges récurrents, notamment lorsque les pensions proviennent de plusieurs organismes ou de l’étranger.
- Se fier aveuglément aux montants préremplis. L’administration prérenseigne certaines cases, mais ces données peuvent être incomplètes ou erronées. La brochure officielle de l’impôt sur le revenu précise qu’il faut vérifier ces montants, rayer ceux qui sont faux et reporter le bon total.
- Oublier une petite retraite complémentaire ou une rente issue d’un PER ou PERECO. Ces sommes, même modestes, doivent figurer dans les cases 1AS à 1DS.
- Confondre pension de retraite, pension d’invalidité et pension alimentaire. Chacune a sa rubrique dédiée, et les confondre modifie le calcul de l’impôt.
- Mal ventiler une pension de source étrangère. Selon les conventions fiscales applicables, il peut être nécessaire de renseigner à la fois les cases 1AS à 1DS et les cases 1AL à 1DL ou 1AR à 1DR, voire de compléter les formulaires annexes 2047 et 2041-E. L’objectif est d’exclure certains revenus du calcul du taux de prélèvement à la source ou d’obtenir un crédit d’impôt égal à l’impôt français.
- Oublier de déduire des honoraires de conseil retraite. Altis Conseil rappelle que certains frais de bilan retraite ou d’assistance à la liquidation peuvent être déduits du montant déclaré en 1AS ou 1BS, voire portés en ligne 6DD, sous réserve de conserver la facture correspondante.
La bonne habitude à prendre avant de valider
Prendre vingt minutes pour contrôler ligne par ligne les cases 1AS à 1DS reste le meilleur moyen d’éviter un rappel d’impôt plusieurs mois après la déclaration. Un redressement tardif est toujours plus contraignant à gérer qu’une vérification préventive.
En résumé, ces cases concentrent à elles seules plusieurs enjeux fiscaux majeurs pour les retraités de plus de 65 ans : imposition des pensions, abattement de 10 %, abattement senior et risque de contrôle. Les ignorer ou les remplir à la va-vite, c’est laisser de l’argent sur la table ou en risquer davantage.
L’essentiel à retenir
- Les cases 1AS à 1DS du formulaire 2042 regroupent retraites de base, complémentaires, rentes viagères et rentes issues de produits d’épargne retraite (PER, PERECO, PERP…).
- Ces cases conditionnent l’abattement de 10 % sur les pensions et influencent l’abattement spécifique pour les personnes de plus de 65 ans (jusqu’à 2 796 euros).
- Les seuils de l’abattement senior pour les revenus 2025 sont fixés à 17 510 euros et 28 170 euros de revenu net global.
- Cinq erreurs fréquentes peuvent être évitées en vérifiant chaque case avant validation, notamment pour les pensions étrangères et les petites rentes complémentaires.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.