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août 7, 2026 à 5h12Vous venez d’être licencié, ou vous vous posez la question par anticipation : combien allez-vous toucher ? La réponse dépend d’un seul facteur central, votre ancienneté dans l’entreprise. Le calcul n’est pas compliqué une fois qu’on connaît la formule et les périodes qui comptent réellement.
L’indemnité légale de licenciement se calcule à partir de deux éléments : votre salaire de référence et votre ancienneté exprimée en années et mois complets. Concrètement, le Code du travail fixe un minimum de 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, puis 1/3 de mois de salaire par année au-delà. C’est cette double formule qu’il faut appliquer pour obtenir le montant dû.
Pour toucher cette indemnité, il faut être en CDI et justifier d’au moins 8 mois d’ancienneté continue dans l’entreprise. Le licenciement doit résulter d’un licenciement économique ou d’un licenciement personnel, hors faute grave ou lourde, qui en excluent le bénéfice. Une convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir des conditions plus favorables, notamment un seuil d’ancienneté abaissé ou un montant supérieur au minimum légal.
La méthode de calcul distingue deux tranches d’ancienneté, avec un mécanisme de prorata pour les années incomplètes.
Pour chaque année complète travaillée jusqu’à la dixième, l’indemnité correspond à un quart de mois de salaire. Un salarié avec 5 ans d’ancienneté touchera donc 5 fois 1/4 de mois, soit 1,25 mois de salaire de référence. Ce calcul reste identique quel que soit le motif du licenciement, économique ou personnel, dès lors que la faute grave n’est pas retenue.
Au-delà de la dixième année, chaque année supplémentaire ouvre droit à un tiers de mois de salaire, en plus des dix premières années calculées au taux d’un quart de mois. Un salarié de 15 ans d’ancienneté cumule ainsi 10 fois 1/4 de mois (2,5 mois) plus 5 fois 1/3 de mois (1,67 mois), soit environ 4,17 mois de salaire de référence au total.
Le calcul prorata pour les mois incomplets
Les mois entamés au-delà des années pleines comptent aussi. On divise le nombre de mois complémentaires par 12, puis on applique le taux correspondant (1/4 ou 1/3 selon la tranche). Un salarié avec 6 ans et 7 mois d’ancienneté touchera donc 6 années pleines plus une fraction de 7/12 pour la septième année.

L’ancienneté ne se limite pas au temps de présence physique. Certaines périodes d’absence comptent intégralement, d’autres partiellement, et il faut bien les distinguer avant de lancer le calcul.
Les congés payés, les jours fériés, les temps de formation professionnelle et les congés parentaux assimilés à du temps de travail effectif entrent dans le calcul de l’ancienneté sans réduction. Il en va de même pour les périodes de suspension du contrat liées à un accident du travail ou une maladie professionnelle, qui sont retenues en totalité, contrairement à ce que beaucoup imaginent.
L’arrêt maladie d’origine non professionnelle n’est en principe pas comptabilisé dans l’ancienneté, sauf disposition conventionnelle contraire. Le congé parental d’éducation à temps plein n’est retenu que pour moitié, sauf accord plus favorable. Les périodes de mise à pied disciplinaire, elles, sont purement exclues du décompte.
Le salaire de référence retenu correspond au montant le plus avantageux entre deux méthodes : la moyenne mensuelle des 12 derniers mois de salaire brut précédant le licenciement, ou la moyenne des trois derniers mois, primes annuelles proratisées incluses. On applique toujours la formule qui donne le résultat le plus élevé pour le salarié, c’est une garantie prévue par le Code du travail.
| Ancienneté | Calcul | Total en mois de salaire |
|---|---|---|
| 5 ans | 5 x 1/4 | 1,25 mois |
| 10 ans | 10 x 1/4 | 2,5 mois |
| 15 ans | (10 x 1/4) + (5 x 1/3) | ~4,17 mois |
| 20 ans | (10 x 1/4) + (10 x 1/3) | ~5,83 mois |
Prenons un salarié avec 7 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 2 400 euros bruts. Le calcul donne 7 x 1/4 x 2 400, soit 4 200 euros d’indemnité légale. Avec 15 ans d’ancienneté et le même salaire, on obtient environ 4,17 x 2 400, soit près de 10 000 euros.
Ces montants correspondent au minimum fixé par la loi (une majoration de l’indemnité de licenciement pour les salariés de plus de 50 ans peut toutefois s’appliquer selon votre situation). La convention collective applicable dans votre secteur peut prévoir un calcul plus favorable, avec des taux supérieurs ou une ancienneté prise en compte dès quelques mois. Il faut toujours vérifier les deux grilles et retenir celle qui verse le plus.
Cette indemnité de licenciement ne doit pas être confondue avec l’indemnité compensatrice de préavis, qui rémunère la période de préavis non exécutée et se calcule séparément, sur la base du salaire brut habituel. Les deux sommes se cumulent et apparaissent distinctement sur le solde de tout compte.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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