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septembre 25, 2026 à 16h21
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septembre 25, 2026 à 19h45Une clairière défrichée en plein cœur de la forêt de Chambaran. Aucun bâtiment. Aucun cottage. Juste des routes qui ne mènent nulle part et des millions engloutis pour rien. C’est le bilan du projet Center Parcs à Roybon, en Isère, un chantier qui devait accueillir des milliers de vacanciers et qui n’a jamais dépassé le stade du défrichement.
Le montant fait tourner la tête : 37,4 millions d’euros dépensés pour un projet finalement abandonné en 2020, sans qu’un seul cottage n’ait été construit. Derrière ce chiffre, une bataille de plus de dix ans entre un promoteur, des opposants déterminés et une justice qui a fini par trancher en faveur de la préservation des zones humides.
Le projet Center Parcs de Roybon : 990 cottages promis en forêt de Chambaran
Tout commence en 2007. Pierre & Vacances annonce vouloir construire un village de vacances géant sur 200 hectares de la forêt de Chambaran, près de Roybon, en Isère. Le programme prévoit 990 cottages, une bulle aquatique tropicale et des équipements de loisirs capables d’accueillir des milliers de touristes chaque semaine.
Les élus locaux voient dans ce projet une manne économique pour un territoire rural en perte de vitesse. L’autorisation préfectorale tombe en 2014, malgré des études pointant déjà la présence de zones humides remarquables sur le site. Le défrichement commence rapidement, avec l’abattage de dizaines d’hectares de forêt et la création de premières voies d’accès.
Les oppositions s’organisent : zones humides menacées et naissance d’une ZAD
La mobilisation écologiste ne tarde pas. Naturalistes, associations environnementales et habitants dénoncent la destruction de zones humides abritant des espèces protégées comme le triton crêté ou la salamandre tachetée. La forêt de Chambaran joue un rôle hydrologique essentiel pour toute la région, et sa disparition menace directement la biodiversité locale.
En 2014, une Zone à Défendre voit le jour sur le site, à l’image de ce qui se passait déjà à Notre-Dame-des-Landes. Des militants s’installent dans les cabanes construites en forêt pour empêcher la poursuite des travaux. Cette ZAD devient rapidement le symbole d’une contestation qui dépasse le simple cadre local et attire l’attention nationale sur les grands projets inutiles.
Chronologie d’un fiasco : de 2007 à l’abandon définitif en 2020

Entre 2014 et 2020, le dossier s’enlise dans une succession de recours juridiques. Les opposants attaquent l’autorisation préfectorale devant les tribunaux administratifs, invoquant la loi sur l’eau et la protection des zones humides. Le Conseil d’État est saisi à plusieurs reprises, et les décisions s’enchaînent, tantôt favorables au projet, tantôt le suspendant.
| Année | Événement |
|---|---|
| 2007 | Annonce du projet Center Parcs par Pierre & Vacances |
| 2014 | Autorisation préfectorale, début du défrichement, naissance de la ZAD |
| 2016-2018 | Multiplication des recours juridiques |
| 2020 | Annulation définitive de l’autorisation, abandon du projet |
Le point de bascule survient quand la justice reconnaît que le projet ne respecte pas les exigences de compensation environnementale imposées par la loi sur l’eau. L’annulation de l’autorisation, confirmée en appel, achève de rendre le projet économiquement et juridiquement intenable. Pierre & Vacances jette l’éponge en 2020, mettant un terme définitif à treize années de bataille.
Un bilan désastreux : 37,4 millions engloutis, une clairière abandonnée
Le gâchis financier est à la mesure de l’ambition initiale. Sur les 37,4 millions d’euros dépensés, une grande partie a servi à financer les études, les procédures juridiques et les premiers travaux de défrichement, dont environ 700 mètres de routes qui ne serviront jamais.
Ce qui reste visible aujourd’hui sur le site
Une clairière de plusieurs hectares, coupée en plein milieu de la forêt de Chambaran, avec des tronçons de voirie inachevés. La question du reboisement reste posée : qui doit financer la restauration de cet espace détruit pour rien ?
Cette clairière abandonnée pose aujourd’hui la question de la responsabilité financière du reboisement, un cas qui rappelle celui des 65 km de terres agricoles jamais aménagées entre Vendée et Charente-Maritime. Ni le promoteur, ni les collectivités locales n’ont clairement pris en charge la restauration écologique du site, laissant une cicatrice durable dans un massif forestier qui n’avait rien demandé.
Une victoire symbolique contre les « grands projets inutiles »
L’abandon du projet de Roybon s’inscrit dans une série de victoires militantes contre des chantiers pharaoniques jugés déconnectés des enjeux environnementaux actuels, à l’image des 173 portiques anti-pollution installés puis abandonnés. Comme Notre-Dame-des-Landes quelques années plus tôt, ce dossier a démontré la capacité d’une mobilisation écologiste locale à faire plier un projet soutenu par un grand groupe et par les pouvoirs publics.
Pour les opposants, cette affaire illustre l’importance des recours juridiques et de la persévérance face à des projets qui sous-estiment leur impact sur les zones humides et la biodiversité. Pour les collectivités locales, elle reste un rappel coûteux : l’Isère a perdu des hectares de forêt et des millions d’euros pour un village de vacances qui n’aura jamais accueilli un seul touriste.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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