Livret A : une remontée du taux cet été devient de plus en plus probable
Un livret boudé depuis la baisse de février
Depuis que son taux a été divisé par deux, le Livret A n’attire plus les épargnants comme avant. Passé de 3 % en janvier 2025 à 1,5 % en février dernier, le produit d’épargne préféré des Français enregistre des retraits nets semaine après semaine. La faute à une rémunération jugée trop faible, directement liée au recul de l’inflation observé en début d’année.
Mais la donne pourrait changer. La prochaine révision officielle du taux est prévue le 1er août 2025 — et pour la première fois depuis 2023, une hausse est sur la table.
Le retour de l’inflation change le calcul
Le taux du Livret A n’est pas fixé arbitrairement. Il résulte d’une formule précise, intégrant le taux interbancaire de la zone euro et l’évolution des prix à la consommation sur les six derniers mois, hors tabac. C’est le ministre de l’Économie qui tranche, sur recommandation du gouverneur de la Banque de France.
Or, l’inflation repart à la hausse en France. Les tensions militaires déclenchées entre les États-Unis, Israël et l’Iran ont provoqué une flambée des prix du pétrole, entraînant mécaniquement une hausse des tarifs à la pompe. Les cours ont certes légèrement reflué après l’annonce d’un cessez-le-feu dans la nuit de mardi à mercredi, mais la pression inflationniste reste bien présente.
Vers 2 % d’inflation en juin ?
C’est l’estimation du mois de juin qui servira de référence pour calculer le nouveau taux du Livret A. Dès la fin mars, l’Insee anticipait une inflation « autour de 2 % en France » au cours du printemps — soit plus du double du niveau de 0,8 % mesuré en décembre, qui avait justifié la dernière baisse annoncée par Bercy en janvier 2026.
Un chiffre encore impossible à confirmer précisément, mais qui oriente clairement les projections à la hausse.
La Caisse des dépôts s’attend à une revalorisation
Le signal le plus concret est venu d’Antoine Saintoyant, directeur adjoint de la Caisse des dépôts (CDC), qui gère environ 60 % de l’encours total du Livret A. Interrogé le 8 avril, il a déclaré s’attendre à ce que le taux « remonte » d’ici la fin de l’année, dans un contexte d’inflation orientée à la hausse.
Il a toutefois nuancé ses propos : une remontée au-delà de 2 % serait problématique. Le Livret A sert en effet de base au financement des bailleurs sociaux, et une hausse trop marquée pourrait peser lourdement sur leurs coûts d’emprunt. La revalorisation attendue devrait donc rester mesurée, en deçà de ce seuil.