Assurance décennale : ce que tout professionnel du BTP doit savoir
Exercer dans le bâtiment, c'est prendre des engagements qui dépassent la fin du chantier. Chaque professionnel du BTP — maçon, électricien,…
Hôpital public, cabinet privé, mairie, entreprise : nombreux sont les actifs dont la carrière a traversé plusieurs univers professionnels. Ces trajectoires enrichissantes sur le plan humain cachent pourtant une réalité financière souvent méconnue au moment de partir à la retraite.
Car chaque changement de statut correspond à un régime de retraite différent — CNAV, CNRACL, Agirc-Arrco, RAFP — et chacun applique ses propres règles de calcul. Le résultat, une fois les pensions additionnées, peut être bien inférieur à ce qu’espéraient les assurés.
On qualifie de polypensionné toute personne ayant cotisé à plusieurs régimes de retraite au cours de sa vie active. Un salarié du privé devenu contractuel de la fonction publique, puis fonctionnaire titulaire, entre parfaitement dans cette catégorie.
Chaque période d’activité génère des droits dans une caisse distincte, qui calcule sa pension selon ses propres critères. Les montants bruts sont ensuite additionnés, mais le mode de calcul propre à chaque régime peut creuser des écarts significatifs.
Selon des données de la DREES relayées par un magazine en ligne, un fonctionnaire d’État toucherait en moyenne 2 440 € bruts par mois en 2026, contre 1 530 € pour un ancien salarié du privé. Un écart de 910 € que les carrières mixtes peuvent encore accentuer.
Dans le régime général (privé), la retraite de base est calculée à partir du salaire annuel moyen des 25 meilleures années, auquel s’applique un taux pouvant atteindre 50 %, modulé par le nombre de trimestres validés.
Le problème pour les polypensionnés : si vous n’avez pas effectué 25 années complètes dans le privé, la CNAV intègre toutes vos années de salaire dans le calcul, y compris les plus modestes, souvent celles du début de carrière. La moyenne s’en trouve mécaniquement abaissée.
Du côté de la fonction publique, le calcul repose sur le dernier traitement indiciaire brut — en pratique la moyenne des six derniers mois — pondéré par les trimestres effectués en tant que titulaire. Un mode de calcul plus favorable, mais qui ne bénéficie qu’aux années passées dans ce statut.
L’histoire de Martine illustre concrètement cet écart. Sa carrière mixte lui ouvre droit à 793 € bruts de retraite de base du régime général, auxquels s’ajoutent 1 328 € issus de la fonction publique.
En comptant entre 500 et 600 € de complémentaire Agirc-Arrco et environ 50 € de RAFP, elle perçoit au total environ 2 671 € bruts par mois. C’est loin des 2 625 € qu’elle aurait touchés avec un parcours entièrement dans le public — mais surtout, c’est le fruit d’un calcul fragmenté que peu d’assurés anticipent.
Derrière les chiffres, des situations concrètes. Marie*, 67 ans, ancienne secrétaire médicale, confie : « Ma pension ne couvre plus mes charges fixes depuis le décès de mon mari, alors que j’ai travaillé sans interruption depuis mes 18 ans. »
Jean-Pierre*, ex-cadre dans la métallurgie, témoigne de son côté : « Ma retraite est amputée de 400 € par mois. À 72 ans, j’aide encore mes petits-enfants, mais je dois surveiller chaque dépense. » Éric*, 61 ans, technicien retraité, exprime quant à lui un sentiment d’injustice : « Je payais pour tous, aujourd’hui je me sens oublié quand je vois les différences avec mes cousins fonctionnaires. »
Face à cette complexité, une démarche préventive reste la meilleure protection. Le portail Info-Retraite permet de consulter l’ensemble de ses droits accumulés dans chaque régime, en une seule interface.
Il est également essentiel de déposer une demande de retraite auprès de chaque caisse concernée, sans en oublier aucune. Une omission peut priver l’assuré d’une partie de ses droits, parfois sans qu’il s’en aperçoive immédiatement.
Quant à la Lura, elle simplifie les démarches pour les régimes alignés. Mais les fonctionnaires restent soumis à des règles spécifiques, ce qui maintient la complexité pour tous ceux dont la carrière a franchi cette frontière.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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