Assurance décennale : ce que tout professionnel du BTP doit savoir
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Partir plus tôt à la retraite grâce au dispositif carrières longues semble une bonne nouvelle. Mais pour les personnes nées en 1964 et 1965, cette opportunité cache une subtilité majeure côté complémentaire. Le régime Agirc-Arrco applique ses propres règles, et elles ne s’alignent pas toujours avec celles de la retraite de base.
Résultat : certains assurés se retrouvent avec une pension complémentaire amputée, sans l’avoir anticipé. Voici ce qu’il faut absolument comprendre avant de prendre votre décision.
Le mécanisme carrières longues permet à ceux qui ont commencé à travailler tôt de partir avant l’âge légal de départ à la retraite. Pour en bénéficier, il faut justifier d’une durée de cotisation suffisante et avoir débuté sa carrière avant un certain âge.
Depuis la réforme des retraites de 2023, l’âge légal a été repoussé à 64 ans. Mais le dispositif carrières longues reste accessible dès 58, 60 ou 62 ans selon les situations. Pour les générations 1964 et 1965, c’est souvent à 62 ans que le départ anticipé devient possible.
L’Agirc-Arrco est un régime complémentaire autonome. Il ne suit pas automatiquement les conditions d’attribution de la retraite de base. Ce régime a instauré un mécanisme dit de « coefficient de solidarité », aussi appelé le malus temporaire.
Concrètement, si vous partez à la retraite avant un certain âge ou sans remplir des critères précis définis par l’Agirc-Arrco, une décote de 10 % s’applique pendant trois ans sur votre pension complémentaire. C’est ce point que beaucoup de futurs retraités sous-estiment.
Pour les assurés nés en 1964 et 1965 qui partent via le dispositif carrières longues, le calendrier crée un effet de ciseau. Leur départ anticipé intervient souvent à un âge où l’Agirc-Arrco considère qu’ils ne remplissent pas encore les conditions pour échapper au malus.
En clair : la Sécurité sociale valide leur départ, mais l’Agirc-Arrco leur applique quand même une pénalité. Ces deux régimes ne communiquent pas leurs critères d’exonération, et c’est là que réside le piège.
L’Agirc-Arrco prévoit plusieurs situations permettant d’échapper à cette décote temporaire. La première : atteindre l’âge du taux plein automatique, c’est-à-dire 67 ans. La seconde : partir à l’âge légal tout en justifiant d’une carrière complète.
Il existe aussi des cas d’exonération liés à la situation personnelle de l’assuré : invalidité, chômage longue durée, ou encore bénéfice de l’ASPA. Mais pour un assuré en bonne santé, en emploi ou ayant cessé volontairement son activité, ces exonérations ne s’appliquent généralement pas.
Imaginons une personne née en 1964, qui part à 62 ans via le dispositif carrières longues. Sa pension de base est accordée sans décote. Mais sa pension Agirc-Arrco, d’un montant de 800 euros par mois, subit un abattement de 10 %.
Elle perçoit donc 720 euros par mois pendant trois ans au lieu de 800 euros. Sur trois ans, la perte cumulée atteint près de 2 880 euros. Ce n’est pas négligeable, surtout pour des personnes ayant souvent des revenus modestes à modérés.
La solution la plus efficace est de différer légèrement la demande de liquidation de la retraite complémentaire. Techniquement, il est possible de commencer à percevoir sa retraite de base tout en repoussant d’un an la demande de pension Agirc-Arrco.
En attendant un an supplémentaire, non seulement le malus disparaît, mais un bonus de 10 % s’applique pendant un an sur la pension complémentaire. Cette stratégie demande une planification rigoureuse et n’est pas adaptée à toutes les situations financières.
Avant tout départ anticipé, un entretien avec un conseiller retraite s’impose. Il convient de simuler précisément le montant de votre pension dans les deux scénarios : départ immédiat avec malus, ou report d’un an de la complémentaire avec bonus.
N’oubliez pas non plus de vérifier votre relevé de carrière sur le site Info Retraite. Des trimestres manquants ou mal enregistrés peuvent fausser tous vos calculs. Mieux vaut corriger ces erreurs avant de déposer votre dossier.
Le dispositif carrières longues offre une vraie souplesse pour les générations 1964 et 1965. Mais il ne suffit pas à garantir une retraite complémentaire sans pénalité. L’Agirc-Arrco conserve sa logique propre, indépendante de celle du régime général.
Anticiper, simuler et se faire accompagner restent les meilleurs réflexes pour ne pas laisser plusieurs milliers d’euros sur la table au moment de franchir la porte de la retraite.
Auteur spécialisé en finance et business, il analyse les sujets économiques avec pragmatisme et clarté.Son approche se veut factuelle, accessible et tournée vers des décisions concrètes.Il s’adresse à ceux qui cherchent à mieux comprendre l’argent, l’entreprise et les enjeux économiques du quotidien.
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